Born in London 21/06/1993

Lives and works in Paris and New York

Graduated from Slade School of Fine Art  London

 

EN

Initially carried by a search of a possible Neo-Primitivism, my practice today allows me to explore new relationships. It is with the impact of classicism, mythological archetypes as well as the world as a fictitious space, that I choose to illustrate by different means the transition of our State of nature to that of culture. Cultural and historical references, the symbols, are no longer taken to cling on but become opened windows towards doubt. It is therefore no longer a question of practice operating under a formal strategy, but of a poetics of the fall and the risk, the destruction…

In the exhibition space, the spectator becomes the archaeologist of these passed or future moments while sinking into layers of interpretations. These submissions do not coexist according to a system of empirical values but are placed on the same line. As a result, they can create a feeling of diversion: but where does it take us? Where are we going to? Far from a dialectical demonstration, these experiments have no defined trajectories, none of its components takes precedence over the other. Without compromise, the dialogue between the substance and the form is self-regulating, and finds its balance in the perceptive subject. I want to create action, aesthetic and psychological areas reaching out to others. The performative act accentuates these moments of loss. Derealized, these recreational situations often become scenes of hunts, dances, rituals. Aesthetics, installations, static sculptures often contradictory with the movement of bodies in action. Defined by various experiences and imagery, they often resonate with the club culture as an initiatory, social and liberating moment. Is it not a sensation, an effect of the exhibition? Sometimes, does art not become the decor of itself?

The protocol, the prove of style evoke me nothing, only the fluidity, the meeting between the worlds touch me and are enough. Clumsiness or inconsistently for some, the accident often becomes a starting point. Starter of a wobbly cosmogony, a world where everything is to be reinvented. The staging, art as sham highlights each of my attempts. My position tends toward liquefaction of conceptual thinking and trying to unravel the secret mysteries of my sensitivity. I feel the beauty not as an instrument of seduction but revelation. I decided to put my ideas in the service of creation rather than creation in the service of ideas. Basically creating situations, objects and spaces that let us breathe, that set us free.

FR

Obsédé par la possibilité d’une rencontre entre néo-primitivisme et expérience totale, ma pratique me permet aujourd’hui d’explorer de nouvelles relations. C’est avec l’impact du classicisme, des archétypes mythologiques, ainsi que du monde comme espace fictif, que j’illustre, par différentes expériences, la transition de notre état de nature à celui de culture. Les références culturelles et historiques, les symboles, ne sont plus des prises auxquelles se raccrocher, mais deviennent des fenêtres ouvertes sur le doute. Il n’est dès lors plus question d’une pratique opérant selon une stratégie formelle, mais d’une poétique de la chute, du risque, de la déconstruction …
Dans l’espace d’exposition, le spectateur devenu l’archéologue holistique de moments passés ou futurs, s’enfonce dans des couches d’interprétations. Toutefois ces mémoires ne coexistent pas selon un système de valeurs empiriques, mais sur un même plan. Elles peuvent donc créer une sensation de déroutement : mais où veut-il en venir? Où est-ce que je vais? Loin d’une démonstration dialectique, ces expériences n’ont pas de trajectoires définies, aucune de ses composantes ne prend le dessus sur l’autre. Sans compromis, le dialogue entre le fond et la forme s’autorégule et trouve son équilibre dans le sujet perceptif. Si l’œuvre doit poser une question ou apporter des réponses, alors elle se doit d’aller encore plus loin, et devenir espace de débat, de recherche et de contradictions. La charge contradictionnelle de l’œuvre multiplie ses centres et ses points de vues. L’œuvre dont « l’aura » sait provoquer une intense multiplication de ses centres et de ses sens interpelle dès lors en tant que possibilité, projection et quête. Si l’œuvre d’art se pratique comme expérience sensuelle et sensible nomade, alors son lieu d’exposition, à savoir son Centre d’Art, doit lui-même pratiquer l’errance: errance symbolique, errance spatiale, errance politique…
En utilisant l’acte performatif, celui-ci accentue ces moments de pertes, uniques et singuliers. Déréalisées, ces situations récréatives deviennent souvent scènes de chasses, de danses, de rituels. Des esthétiques, des installations, des sculptures statiques souvent contradictoires ou en symbiose avec le mouvement des corps en action. Empruntes d’expériences et d’imageries diverses, elles peuvent trouver écho à la club culture comme moment initiatique, social et libérateur.
Est-il désormais toujours question d’œuvre ou d’une sensation d’un effet d’exposition ? L’art ne deviendrait-il pas le simple décor de lui-même, l’excuse d’une ultime célébration? La mise en scène, l’art comme simulacre, soulignent donc chacune de mes tentatives. Ma posture tend vers une liquéfaction de la pensée conceptuelle et tente de percer les arcanes secrètes de ma sensibilité. Je souhaite proposer une expérience récréative nouvelle, non comme échappatoire, mais comme lieu d’ancrage et de création. Une fête, une exposition, autant d’expériences nous arrachant à la routine de notre existence, mais qui m’apparaissent en fin de compte comme de rares moments d’expression de notre vérité: un chaos primordial sans cesse rejoué, proposé comme expérience régénératrice. Le monde de l’art, le musée, ainsi que le club, incluent-ils vraiment leurs audiences, permettent-ils vraiment de créer du lien, une véritable expression spontanée? Ou passé la porte, l’approbation du physio, ne nous sentons-nous pas choisis, galvanisés par notre sentiment d’appartenance à la tribu du bon goût, celle des élus ? Au fond, ces lieux frontières, ces expériences ne nous détournent-ils pas de l’essentiel ? L’art, au contraire, doit nous emmener au-delà : au- delà du musée, qu’il transcende; au-delà du club, qu’il sublime, il ne peut être assigné à résidence. Il est une quête, un ailleurs, un non-lieu. Il devient cette force primaire, nomade, une free party peut-être ? Il est cette approche rituelle d’une réalité contemporaine dont les composantes tissent la généalogie d’une trame mystique. L’œuvre est ce sabbat où les flèches du sens viennent y terminer leurs courses. Elle joue avec les temps, déployant dans l’espace une multitude de facettes. Elle puise dans les mémoires, les symboles d’un passé lointain et étrangement familier. Cette distorsion temporelle laisse les empreintes encore fraiches d’une lutte de nos passions et de nos instincts, un rite de passage, une quête identitaire marquée par la recherche d’expériences nouvelles. Elle embrasse l’horizon de nos perceptions intimes. Acteurs de cette primitive aurore, nous sommes le prédateur et la proie de ce monde intérieur. Montrer ce qui est possible à une époque, à des époques données, sans faire de la misère, des maux de l’humanité, le produit de ma propre gloire, c’est là le cœur de mon intention. La fête est depuis longtemps traitée comme sujet, comme lieu d’inspiration, à l’inverse ma pratique souhaite la proposer comme œuvre intrinsèque. Mon médium n’est donc pas une forme d’expression plastique s’inspirant de la fête, mais une pratique de la fête elle-même. Ma pratique est donc cette situation, cet instant où chasser nos désirs, où cueillir nos idées, où entrer et vivre ensemble pleinement dans notre siècle.